Camargue, la poétique de l'étang

France / 2014 / 66 mnC
Résumé :
Camargue, 2013. Alexandre, Frédéric, Patrick et Claude sont manadiers. Ils élèvent une race de taureaux noirs semi-sauvages pour la course camarguaise.
Pendant toute une année, d'un hiver à l'autre, ce film dévoile la réalité de leur quotidien. C'est une forme de poésie qui se dessine dans la relation qu'ils entretiennent à l'animal et au territoire.
Des images et des paroles rares d'une Camargue parfois inaccessible.
Note du réalisateur :
A l'origine de ce film il y a d'abord une terre qui m'évoque mélancolie, rigueur des éléments, une certaine forme de liberté et des couleurs qui flattent ma mémoire.
Puis il y a la littérature, au travers de D'Arbaud et sa « Bête du Vaccarès ». Tout ceci mis bout à bout, c'est une mythologie qui s'est créée en moi. Une mythologie qu'il me fallait vérifier au plus proche de ceux qui vivent aujourd'hui la Camargue. S'ils ne lisent plus ni n'écrivent plus, je ne peux m'empêcher de voir encore en eux des éleveurs-poètes, comme l'étaient leurs prédécesseurs. Marcel Raynaud, 87 ans et toujours le pied à l'étrier, me dira d'ailleurs un jour 'les gardians sont des bergers, et tous les bergers sont des poètes'.
Au fil des rencontres, le projet prit rapidement de l'ampleur. Ce qui devait être une simple satisfaction de ma curiosité devint une aventure dont je ne devinais pas encore tous les contours. Un film se dessinait peu à peu mais je ne voulais surtout pas refaire ce qui avait déjà été fait. Puis je voulais garder la plus grande liberté qui soit : travailler seul et sur une durée indéterminée. C'est ainsi que je consacrais deux années pleine à ce travail. Uniquement ce travail.
Jour après jour je me suis immiscé dans la vie de ces quatre éleveurs sur lesquels mon choix s'était arrêté. Je me fis le plus discret possible, les filmant souvent de dos, emporté par le rythme de l'action. Lors de mes études de cinéma, je m'étais passionné pour quelque documentaristes dont la liberté de style était devenu une marque de fabrique : Pierre Perrault, Johan Van der Keuken, Frederic Wiseman, Jean Rouch.. A ma petite échelle, je piochais chez chacun d'eux ce qui me plaisait et j'avançais dans cette première réalisation documentaire en tatonnant certes, mais avec la faim du débutant.
Je découvris après quelques mois de tournage que la proximité induite par mon travail avait fait tombé les masques. Je ne filmais plus des figures représentatives, mais des individus à part entière. Une certaine confiance mutuelle avait pris forme et le film s'enrichit encore davantage. Tout en gardant le recul et la pudeur nécessaire, je voulais transmettre cette humanité qui s'était installée entre ma caméra et ces personnes que je filmais. Partager leurs joies, leurs déceptions et leurs rêves.
J'arrivais enfin en salle de montage avec plus d'une centaine d'heures d'images et chargé d'une émotion qui me rendait confus. Comment réussir à retranscrire ces quatorze mois de tournage et tout ce que j'avais vécu, en gardant à l'esprit ma quête de poésie et cette chaleur humaine ? Je décidais d'un point de départ et d'un point d'arrivée. Et pierre après pierre, je construisis mon récit en essayant de rester le plus vrai et le plus honnête possible.
Réalisation, Image, Son, Montage : Jérémy DURAND
Prises de sons additionnels : Daniel Capeille
Montage Son : Lucas Héberlé
Etalonnage : Yannick Le Goaëc
Mixage : Steve Raccah et Frédéric Maronier
Producteur : Laurent Ségal pour Kanari Films
Chargée de production : Elodie Larche
Production : 701 Images / Kanari Films