
Papy Mamie, ou l’épreuve ultime d’une vie à deux
C’était le dernier rendez-vous de la saison pour cette série
consacrée au documentaire, avec un superbe film de Michaël heureux,
intitulé « Papy Mamie ».
Malheureusement, beaucoup ont certainement jugé qu’il faisait trop beau pour aller s’enfermer dans une salle noire, après cet hiver long et rigoureux, et la projection n’a pas fait salle comble comme les précédentes. Dommage, car ce documentaire dont la qualité et la sensibilité ont complètement séduit et touché le public présent, méritait vraiment une plus large audience.
C’est un sujet grave et délicat que Michaël Lheureux, diplômé de Louis Lumière, aborde dans ce film ; la fin de vie de ses grands parents, tous deux atteints entre autres, de maladies de la mémoire. Il a fallu beaucoup de maturité et de délicatesse à ce réalisateur pour ne pas franchir ce qu’il appelle « La ligne rouge » et pouvoir décider ce qui était présentable.
D’ailleurs, dans le débat qui a suivi la projection, ce sont ces questions de « droit à l’image » qui ont été aussitôt posées par les spectateurs. Jusqu’où peut-on filmer sans se montrer voyeur ? « J’ai parfois filmé des séquences dures, mais signifiantes, a confié Michaël. Je me suis posé la question de la limite en me demandant de quoi j’avais besoin pour le film. Quand ma grand-mère a été intubée, je n’ai réussi à faire une image qu’au bout de la troisième visite à l’hôpital». En deux plans, le réalisateur nous donne à voir la gravité de son état sans quasiment la montrer. Il filme le grand-père, inquiet, penché sur l’appareillage médical et l’une des filles, émue, prenant congé de sa mère dont on aperçoit fugitivement le haut du visage en bas du cadre. Tout l’art du réalisateur a été d’effacer peu à peu sa présence pour laisser le spectateur seul, lui permettant ainsi de rentrer plus facilement en totale empathie avec les personnages.
On retiendra de ces projections débats de Cinépause autour du documentaire, qu’elles ont été un beau moment d’échanges avec les réalisateurs invités. Vivement la rentrée pour de nouveaux rendez-vous.