Quatre maires dans le vent

Les étonnants paradoxes du développement durable

Le sujet de la dernière soirée de Cinépause consacrée au documentaire, série, baptisée, rappelons-le, « D'un documentaire à l'autre » s'est révélée spécialement instructive pour la centaine de spectateurs présents samedi dans la salle du Foyer Rural.

Bernard Cauvin, le réalisateur invité, y présentait deux films consacrés à l'implantation d'éoliennes dans les Cévennes ardéchoises, sa région d'origine. Dans le premier, intitulé « Le paradoxe d'Eole » on assiste, médusé, à l'arrivée mouvementée de la première éolienne devant être implantée en Ardèche. A notre grand étonnement l'impressionnant convoi se voit interpeller par un groupe très virulent d'écologistes, venus manifester leur mécontentement. L'explication? Nous sommes à l'automne 2004. Le promoteur, un privé, s'il a bien obtenu le permis de construire nécessaire à toute éolienne mesurant plus de 12m, n'a pas concerté la population locale, cela n'étant pas encore obligatoire. D'autre part, l'électricité produite ne profitera en rien au territoire, (à part la Taxe Professionnelle). Le parcours de l'éolienne sur la route étroite menant au plateau devient une véritable épopée, filmée entre suspense et humour, les opposants se réjouissant ostensiblement de tous ces avatars. Peu de temps après, une loi était votée, imposant une réunion publique d'information de la part des promoteurs, une commission des sites et une enquête publique dans chaque commune concernée.

Articulé sur ce 1er film, toujours sur ce sujet complexe, le 2e film de Bernard Cauvin, « Quatre maires dans le vent », présente des élus tentant de créer un champ d'éoliennes, en partenariat avec des industriels pour améliorer l'économie de leurs communes, sans cependant la possibilité de consommer cette énergie sur place. Tournés en forme de feuilleton à rebondissements, avec beaucoup de subtilité, attentif aux relations humaines autant qu'aux préoccupations écologiques des uns et des autres, ces deux films posent avec intelligence la complexité de la production de ces énergies nouvelles.

En atteste le débat passionnant qui s'ensuivit où de nombreux témoignages confirmèrent combien les populations concernées se sentent encore exclues de la concertation, malgré la nouvelle loi!

 

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