
Décidément, la salle du Foyer Rural de Donzy a fait encore le plein samedi dernier, pour cette deuxième soirée de la saison, consacrée aux documentaires de création.
Après la projection d'un très beau film réalisé par Laetitia Mikles et intitulé « Touchée » sur l'univers et le langage d'un groupe de jeunes sourds et muets, on visionna le dernier film de Marc Weymuller, réalisateur vivant à Bonnay près de Cluny.
Dans ce film de 55 minutes, Marc tente de dévoiler le mystère «Frère Antoine», un ancien oblat de l’abbaye de Cîteaux, cet homme toujours revêtu d'une robe de moine, que l'on peut voir posté sur le pont de l’autoroute des après-midi durant, en train d'agiter une colombe de bois blanc au-dessus du flot des véhicules. Aujourd’hui, il vit dans un petit logement dans les faubourgs de Mâcon. Lorsqu’il ne se trouve pas sur le pont, il reste chez lui. Il consacre l’essentiel de son temps à fabriquer des petites croix en bois. « Lorsque ses mains travaillent, son esprit se libère, des souvenirs reviennent à sa mémoire. Alors, parfois, Frère Antoine emprunte à nouveau le chemin qui l’a conduit, quarante ans plus tôt, jusqu’aux portes de l’abbaye de Cîteaux... »
C’est ainsi que le réalisateur Marc Weymuller présente son film, dont chacun samedi apprécia autant la profonde spiritualité que l'esthétisme dépouillé. Lors du débat qui suivit, se posa la question de la mise en scène des personnages réels dans les documentaires. Il s'avère que le réalisateur donne rarement des images prises spontanément et pratique généralement à une recomposition des situations. Les films de Laetitia Mikles et Marc Weymuller sont la preuve parfaite de ce que le talent peut réussir en ce domaine.